Le théâtre parlé khmer reprend vie dans les écoles
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Par:
- Chhuon Kongieng
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1 novembre 2025, 12:28
PHNOM PENH – Des lycéens se sont affrontés dans un concours de théâtre parlé khmer, visant à promouvoir et préserver cet héritage culturel immatériel. Cinq équipes issues de quatre établissements de la capitale ont participé à la compétition, les 27 et 28 octobre, sur le site emblématique de Wat Phnom.
Les élèves de 10e année du Pannasastra International School ont remporté le premier prix, devant le BELTEI International School et une autre équipe de 11e année de Pannasastra, arrivée en troisième position. Les lycées Chea Sim Chhouk Va et Prek Leap ont reçu des mentions honorables.
Âgée de 16 ans, Van Sokna Manit, élève de 11e année à Pannasastra, a joué dans Kae Dounta, une pièce abordant l’interdiction de vendre des objets anciens et les avertissements des âmes des ancêtres à leurs descendants. Elle raconte que la troupe, composée de dix élèves, a entièrement écrit et mis en scène la pièce après un mois de préparation.
« Nous avions déjà participé à des débats ou à des concours de dessin, mais c’est la première fois que nous jouons en public devant un large public », confie-t-elle. « Nous sommes fiers, en tant que jeunes Cambodgiens, de pouvoir promouvoir notre culture sur scène. »
Des élèves de première du lycée international Paññāsāstra ont interprété « Kae Dounta". Photo : Chhuon Kongieng.
Pour Touch Moly, directeur adjoint du Département du développement culturel, cette initiative constitue un tremplin pour les jeunes. « Cette compétition leur permet d’acquérir de l’expérience et d’éveiller leur intérêt pour les arts. Certains pourraient même devenir artistes tout en poursuivant leur carrière principale. Sans ces événements, ils n’auraient pas l’occasion de révéler leur potentiel. »
Nam Narim, directrice du Département de la culture et des beaux-arts de Phnom Penh, à l’origine du festival, souligne que le théâtre parlé est aujourd’hui en voie de disparition. « Nous souhaitons le raviver, au niveau national comme local. Certains élèves n’en avaient même jamais entendu parler », explique-t-elle.
Elle salue l’engagement des étudiants, qui ont pris en charge l’ensemble du projet – du scénario aux costumes – tout en approfondissant leurs connaissances sur l’histoire, les temples et le patrimoine du pays. Elle espère que les écoles encourageront davantage la pratique artistique, perçue non seulement comme un moyen de valoriser la culture, mais aussi d’attirer les touristes et de stimuler le développement économique.
« Des visiteurs cambodgiens et étrangers viennent assister aux représentations, » rappelle-t-elle. « L’an dernier, nous avons organisé un festival de Lakhon Khaol et reçu des suggestions pour inclure des passages en anglais afin que les étrangers puissent mieux comprendre. Aujourd’hui, le théâtre parlé offre cette nouvelle fenêtre sur notre culture. »
Nam Narim ajoute que les lycées constituent la première étape d’une démarche plus large : les universités et instituts supérieurs seront bientôt invités à présenter à leur tour des spectacles de théâtre parlé.
L’événement s’inscrit en parallèle d’une exposition temporaire du Département des Antiquités célébrant le retour et la restitution de 42 objets d’art khmers. L’exposition présente également 20 antiquités portées disparues pendant la guerre civile, provenant du musée Wat Po Veal, du musée provincial de Battambang et du centre de conservation d’Angkor à Siem Reap.