Le Ministère des Cultes envisage d’ouvrir les pagodes aux touristes

La salle de prière principale (vihara) de la pagode Wat Maniratanaram Tuol Tumpung à Phnom Penh.

PHNOM PENH — Le Ministère des Cultes et des Religions étudie actuellement la possibilité de rendre les pagodes bouddhistes accessibles aux touristes. Cette initiative offrirait aux visiteurs une occasion de découvrir la culture et les pratiques religieuses cambodgiennes, tout en élargissant le choix de sites à explorer lors de leur séjour dans le pays. L’ouverture au tourisme permettrait en outre de soutenir financièrement les pagodes et de stimuler la croissance économique des zones concernées via l’afflux de visiteurs.

Pen Vibol, secrétaire d’État au Ministère des Cultes et des Religions, précise que le développement du lien entre pagodes et tourisme constitue une priorité actuelle et future du ministère. « Le ministère met en place plusieurs initiatives pour s’adapter aux évolutions de la société », explique-t-il. « Nous travaillons à la création de nouvelles infrastructures et à l’amélioration des pratiques religieuses au sein des pagodes afin de servir tant les visiteurs nationaux qu’internationaux. »

Selon Pen Vibol, l’architecture des pagodes, les statues et l’atmosphère religieuse offrent aux touristes étrangers une expérience unique de la culture cambodgienne. De plus, cela permettrait aux visiteurs de contribuer financièrement au développement des pagodes, lesquelles reposent surtout sur le soutien des fidèles locaux. Un exemple marquant est la pagode Phnom Duan Penh, l’un des sites historiques et religieux les plus importants de Phnom Penh.
 

La pagode Phnom Duan Penh, l'un des sites historiques et religieux les plus importants de la ville de Phnom Penh.


Avant de pouvoir relier les pagodes au secteur touristique, le ministère doit relever plusieurs défis, dont la remise en état des installations souvent dégradées.

Les pagodes ont en effet été gravement endommagées sous le régime des Khmers rouges. Aussi, qu’elles soient anciennes ou récentes, il faudra du temps pour renforcer les infrastructures et suivre les directives des ministères compétents avant d’ouvrir les portes aux visiteurs.

Au Cambodge, à la différence de la Birmanie où pagodes et monastères sont séparés, les lieux de culte et les résidences monastiques se trouvent habituellement sur un même site, à l’exception du Wat Phnom à Phnom Penh. « Par exemple, la pagode Phnom Sampov est perchée au sommet d’une montagne et constitue aussi une attraction touristique », souligne Vibol.

Si le ministère travaille sur l’infrastructure, les chefs de pagodes locaux assurent la gestion spirituelle, culturelle et pratique auprès des fidèles et des visiteurs. Sie Bunnath, moine principal de la pagode Wat Maniratanaram Tuol Tumpung depuis 2017, soutient cette ouverture au tourisme, convaincu qu’elle favorisera la promotion du bouddhisme et de la culture khmère. « Sans pagode, notre culture et nos traditions s’éteindraient », affirme-t-il. « La pagode fait vivre l’héritage culturel et accueille chacun, quel que soit son âge ou son parcours, afin d’apprendre et de partager. C’est pourquoi les gens la soutiennent, financièrement ou par leur temps. »
 

La salle de prière principale (vihara) de la pagode Wat Maniratanaram Tuol Tumpung dans la ville de Phnom Penh.


Aujourd’hui, Sie Bunnath veille à ce que le site de la pagode reflète le bouddhisme et l’identité nationale, en guidant moines et fidèles dans leurs pratiques.

« Le temple bouddhiste n’est pas réservé aux moines, c’est un lieu où chacun doit se sentir heureux et le bienvenu », dit-il.

Sie Bunnath espère que les visiteurs, surtout les plus jeunes, viendront dans les pagodes, respecteront les trois principes fondamentaux que sont l’action juste, la parole juste et la pensée juste, et témoigneront du respect envers ce lieu de recueillement, ses moines et ses autres visiteurs. « Ces règles guident chacun, dans la façon de s’habiller, de se comporter, de parler avec amabilité, d’éviter les propos blessants et de cultiver la sérénité d’esprit. Elles s’appliquent partout, pas seulement en pagode », souligne-t-il.

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