Le Cambodge somme la Thaïlande de mettre fin à la désinformation

Pen Bona, porte-parole du gouvernement.

PHNOM PENH – Le gouvernement cambodgien appelle la Thaïlande à cesser de propager des fausses informations susceptibles de compromettre les efforts d’apaisement des tensions bilatérales. Pen Bona, porte-parole du gouvernement, dénonce les propos répétés d’officiels civils et militaires thaïlandais, accusés d’alimenter des rumeurs, des accusations infondées et une rhétorique hostile sur les canaux officiels comme sur des plateformes non institutionnelles.

À titre d’exemple, le ministre thaïlandais de la Défense, Nattaphon Narkphanit, a menacé de recourir à la force pour s’emparer du temple Ta Krabei et a refusé toute réouverture du poste-frontière tant que ses exigences ne seraient pas satisfaites. Selon Pen Bona, ces déclarations entrent en contradiction avec le point 4 de la Déclaration conjointe signée par les Premiers ministres des deux pays à Kuala Lumpur, qui engage chaque partie à s’abstenir de toute désinformation et de tout discours nuisible, dans l’intérêt du dialogue et de la paix.

Le porte-parole souligne également que la Thaïlande ne respecte pas l’esprit de cette déclaration : dix jours après la signature, les 18 soldats cambodgiens capturés en juillet restent détenus depuis plus de cent jours. « Il faut rappeler que le point 5 de la Déclaration prévoit, à titre de geste de confiance, la libération rapide des prisonniers de guerre par la Thaïlande », insiste-t-il.

Pen Bona exhorte Bangkok à respecter les engagements pris, à renoncer à toute déclaration provocatrice ou condition contraire à la déclaration et aux accords précédents. Le 26 octobre, les deux pays ont commencé à appliquer la Déclaration commune en retirant partiellement de lourds armements des zones frontalières, une opération surveillée par une équipe d’observateurs de l’ASEAN. Le Cambodge, selon Pen Bona, demeure engagé en faveur de la paix régionale et fait preuve de retenue pour permettre la pleine exécution des accords.

Le président du Sénat, Hun Sen, a lui aussi critiqué la position thaïlandaise sur la réouverture des frontières, rappelant que cette décision relevait entièrement de la responsabilité de la Thaïlande, et que le Cambodge pourrait supporter une fermeture prolongée sans difficulté.

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