Le Cambodge et les États-Unis signent un vaste accord commercial

Donald Trump et Hun Manet lors de la signature d'un accord de paix entre le Cambodge et la Thaïlande, en marge du 47e sommet de l'ASEAN à Kuala Lumpur. Photo d'ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Kuala Lumpur — Le Premier ministre Hun Manet et le président américain Donald Trump ont signé dimanche 27 octobre un accord de libre-échange couvrant de larges domaines, destiné à renforcer les liens économiques bilatéraux et à faciliter l’accès aux marchés pour les exportateurs des deux pays. Washington s’intéresse notamment aux investissements dans les ressources minières et énergétiques stratégiques du Cambodge.

La signature de l’« Accord sur le commerce réciproque » est intervenue en marge du 47ᵉ Sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), à Kuala Lumpur. Ce même jour, Hun Manet et son homologue thaïlandais Anutin Charnvirakul ont paraphé l’« Accord de Kuala Lumpur » mettant fin au conflit frontalier entre leurs deux pays, en présence du président Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, président en exercice de l’ASEAN 2025.

Selon la déclaration conjointe, le Cambodge s’engage à supprimer les droits de douane sur la totalité des produits industriels, alimentaires et agricoles américains exportés vers son territoire, une mesure déjà en vigueur de facto. De son côté, les États-Unis maintiendront un tarif réciproque à 19 %.

L’accord stipule également que le Cambodge « ne devra pas imposer de conditions ou d’obligations obligeant les entreprises américaines à transférer des technologies, des procédés de production, des codes sources ou tout autre savoir-faire propriétaire, ni à privilégier une technologie particulière » pour exercer leurs activités sur le sol cambodgien. Les deux pays s’engagent en outre à lever les obstacles non tarifaires pesant sur les échanges, notamment en simplifiant les procédures d’importation, de licences et d’approbations réglementaires.

Concernant les investissements, le texte précise que « le Cambodge autorisera et facilitera les investissements américains dans l’exploration, l’extraction, le raffinage et la transformation des minerais et ressources énergétiques critiques », ainsi que dans les secteurs des infrastructures, de la télécommunication, de l’énergie et des transports, à des conditions équitables pour les investisseurs étrangers et locaux.

Phnom Penh reconnaîtra également les normes sanitaires et phytosanitaires américaines pour les produits alimentaires et agricoles et renforcera la lutte contre les marchés liés à la contrefaçon et au piratage. Sur le plan agricole, l’accord prévoit la levée ou la prévention des obstacles à l’importation de produits américains, ainsi que la reconnaissance mutuelle des certificats délivrés par les autorités de régulation des États-Unis.

En matière sociale, le Cambodge s’engage à protéger les droits du travail reconnus au niveau international, notamment en interdisant les importations de biens produits par le travail forcé et en renforçant l’application de sa législation nationale.

Le document inclut également des engagements environnementaux : Phnom Penh s’oblige à « maintenir un haut niveau de protection environnementale et à faire appliquer efficacement ses lois », notamment contre la déforestation illégale, la pêche illicite et le commerce illégal d’espèces sauvages.

L’accord couvre par ailleurs les domaines du commerce numérique, des services, de la propriété intellectuelle, des pratiques réglementaires, et de la gouvernance des entreprises publiques. Les deux pays conviennent de « renforcer leur coopération économique et sécuritaire, d’améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement et de coordonner leurs actions contre la fraude douanière et les risques liés aux investissements et exportations ».

Dans le secteur aérien, le texte précise enfin qu’Air Cambodia collaborera avec Boeing pour le développement de l’écosystème aérien national et la croissance de la compagnie.

 

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