Le Cambodge alerte l’UNESCO sur les dégâts subis par le temple de Preah Vihear

La ministre de la Culture et des Beaux-Arts, Phoeung Sackona, lors de la 43e Conférence générale de l'UNESCO en Ouzbékistan. Photo du ministère de la Culture/Facebook.

TACHKENT (Ouzbékistan) – Le Cambodge a exprimé sa profonde indignation face aux dommages considérables infligés au temple de Preah Vihear, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, lors de récents affrontements frontaliers avec la Thaïlande. Ces atteintes, qualifiées d’« irréparables », ont été dénoncées par la ministre de la Culture et des Beaux-Arts, Phoeung Sackona, devant la 43ᵉ Conférence générale de l’UNESCO.

Le 3 novembre, la ministre a présenté un rapport détaillant l’ampleur des destructions. Selon elle, les forces thaïlandaises ont tiré à l’artillerie lourde et lancé des frappes aériennes de F-16 contre le temple millénaire au cours d’un conflit qui s’est étendu du 24 au 28 juillet 2025. « Les récents affrontements à la frontière cambodo-thaïlandaise ont gravement endommagé le temple de Preah Vihear, site du patrimoine mondial. Le Cambodge déplore profondément les préjudices irréversibles causés à ce trésor culturel unique », a déclaré Mme Sackona. Des rapports et des photographies prises après les combats montrent des détériorations importantes des pierres sacrées du sanctuaire, consécutives aux bombardements et aux tirs d’obus.

Le ministère de la Culture a adressé plusieurs lettres de protestation dénonçant les attaques indiscriminées menées par la Thaïlande contre le patrimoine culturel cambodgien. Il rappelle que le temple de Preah Vihear, classé par l’UNESCO depuis 2008, reste un symbole majeur de l’identité culturelle et spirituelle khmère.

Dans son discours, Phoeung Sackona a également appelé les grands musées et les collectionneurs privés à entamer un dialogue sur la restitution des œuvres d’art pillées à leurs pays d’origine. Elle a souligné que le Cambodge, signataire de l’ensemble des conventions culturelles de l’UNESCO, demeure pleinement engagé dans la sauvegarde et la valorisation de son héritage.

La ministre a enfin mis en avant la coopération continue entre le Cambodge et l’UNESCO dans les domaines de l’éducation, de la culture, des sciences et de la communication, conformément aux Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Elle a plaidé pour un système mondial de l’information plus éthique et plus équilibré, fondé sur le respect de la diversité culturelle.

Mme Sackona a conclu en exhortant les États membres de l’UNESCO à redoubler d’efforts pour protéger les trésors culturels de l’humanité.

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