La paix de Kuala Lumpur, une étape, pas un aboutissement

Cette photo d'archives montre des barbelés posés par l'armée thaïlandaise dans la province de Banteay Meanchey. Photo : Chhum Chantha

Si l’accord de paix signé à Kuala Lumpur ce week-end marque sans conteste un moment historique dans les relations entre le Cambodge et la Thaïlande, il serait illusoire d’y voir l’achèvement du délicat processus de règlement des différends frontaliers qui minent les relations entre les deux pays depuis plus d’un siècle. Certes, le texte entérine le cessez-le-feu et prévoit un retrait des troupes des zones les plus sensibles, mais sur les quelque 800 kilomètres de frontière commune, de nombreux points de discorde demeurent.​

Les commissions mixtes internationales et les missions d’observation prévues ne sauraient faire oublier que l’absence de véritable traité de délimitation laisse un vide juridique. Ce vide est, historiquement, un terrain fertile pour tous les débordements nationalistes, chaque incident local pouvant rallumer la flamme d’un ressentiment latent.

Tant que le différend frontalier ne sera pas réglé dans sa totalité, la frontière continuera d’être un instrument politique mobilisable à l’envi, alors que les surenchères identitaires et la récupération des symboles nationaux n’attendent souvent qu’une étincelle.

À condition de prolonger la dynamique de cet accord de paix par des négociations techniques transparentes et un accompagnement international, la paix de Kuala Lumpur peut amorcer une véritable réconciliation au bénéfice de ceux qui en ont payé le prix le plus lourd à ce conflit : les populations locales des deux côtés de la frontière.

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